
Rédactionnel : Alexandre Bouvier, Marianne De Coninck, Maureen Minjard, Pierre Roussel
• Les méthodes prophylactiques de lutte contre Drosophila suzukii
• Les bonnes conditions de plantation des fraisiers plants frigo et plants motte.
• La contre-plantation en fraise hors-sol.
• Focus : les critères de choix de substrat en fraise hors-sol.
ACTUALITÉ & OBSERVATIONS

TENDANCES METEO
Le mois de mai en Auvergne-Rhône-Alpes a été marqué cette année par une alternance de périodes douces et d’épisodes pluvieux, avec des températures globalement proches des normales saisonnières, voire un peu plus fraiches (maximales souvent comprises entre 18 et 22 °C) et une humidité régulière liée aux averses fréquentes. Les amplitudes thermiques sont restées modérées mais on notera tout de même quelques journées avec des à-coups de chaleur, particulièrement en fin de mois. Les nuits fraîches persistent localement en zones d’altitude et de vallées.
Ces conditions favorisent une croissance active des cultures, mais l’humidité régulière augmente le risque des maladies cryptogamiques, notamment le botrytis et l’oïdium. Les pluies répétées peuvent également compliquer les récoltes, en particulier en plein champ.
OBSERVATIONS ET PRECONISATIONS

• PREVENTION DROSOPHILA SUZUKII
Les premiers dégâts de Drosophila suzukii sont observés et il nous semble important
de rappeler les principaux points liés à ce redoutable ravageur des petits fruits.
Eléments clés de biologie :
• Mouche (diptères de la famille des Drosophilidae) originaire d’Asie, très invasive.
• Plus d’une dizaine de générations par an.
• La femelle utilise son ovipositeur pour perforer l’épiderme du fruit et y déposer un oeuf.
• La durée du cycle est optimale à 20-25 °C. Les températures critiques de développement et de reproduction sont en dessous de 13°C et au-dessus de 28 °C.
La prévention, seule levier réellement efficace contre la Drosophile :
• La protection physique : poser des filets anti-drosophile en période de risque. Attention toutefois à maintenir une bonne aération des cultures.
• Le piégeage : installer des pièges type Décis trap DS, avant l’apparition des 1ers individus.
• Récolter régulièrement, ne pas laisser de fruits en sur maturité ou non récoltés dans la parcelle, les sortir et les détruire.
• Éviter un climat ou des zones humides (eau stagnante, enherbement trop développé), très favorables au développement de Drosophila.
• Renforcer les cuticules des fruits avec Obstacle
• Appliquer des substances naturelles telles que Alto’Dega ou Muriel, contenant des extraits végétaux. Ils peuvent être appliqués en préventif, et ce régulièrement, sans gêne pour les auxiliaires.
Enfin, en dernier recours, des traitements conventionnels sont autorisés. Ils sont peu ou pas compatibles avec la Lutte intégrée.

FRAISE
Généralités :
• SITUATION PESTALOTIOPSIS & AUTRES MALADIES VASCULAIRES

Les parcelles les plus au sud, souvent associées à des sols à faible réserve hydrique et un système racinaire superficiel, présentent le plus de mortalité. Plus on remonte vers le nord, moins on observe de dégâts. L’expression de la maladie se résume à quelques feuilles touchées, ou des plants asymptomatiques.
On parle beaucoup du Pestalotiopsis depuis ces 2 dernières années, mais les méthodes prophylactiques ne diffèrent pas de ce qui devrait être fait pour se protéger d’autres maladies, comme le Verticilium et le Phytophtora. Cependant, la culture en trayplants ou en variétés plus résistantes, demande moins d’exigence que les cultures plus longues et les variétés plus “fragiles”, où la précaution est de mise.
Cela signifie :
Dans le cas des petits fruits, l’idéal serait d’effectuer de longues rotations (minimum 4 ans, idéalement 7 ans). Veuillez noter qu’une solanacée comme précédent peut être très préjudiciable pour les fraisiers.
D’autres solutions permettent de limiter l’arrivée rapide et les conséquences de la fatigue des sols :
• L’installation de couverts végétaux entre deux cultures. Cette pratique a l’avantage de casser le cycle des ravageurs, on peut même directement les détruire via la biofumigation par exemple.
• Un travail du sol soigné et adapté.
• L’amélioration de la structure du sol, de l’équilibre minéral, du pH et du taux de MO. Un sol sain qui respire est un sol qui se défend mieux contre les pathogènes !
• L’introduction de champignons et de bactéries bénéfiques, qui par compétition spatiale limite l’apparition des pathogènes (Qui va à la chasse perd sa place !)
On peut aussi agir directement sur les plants en utilisant des biostimulants spécifiques pour soutenir l’installation. Le Rise P, le Biocat 15, le Fulvat, le Goldstone et le Greensea sont des références soigneusement sélectionnées et dont les bénéfices lors de la plantation ne sont plus à prouver aujourd’hui.
• LES BONNES CONDITIONS DE PLANTATION DES PLANTS FRIGO ET DES MOTTES FRAÎCHES
Nous rentrons dans la période de plantation des plants frigo et des plants mottes. Cette étape cruciale de la réussite de la culture peut s’avérer difficile à gérer, particulièrement à cause des conditions climatiques parfois extrêmes en cette période d’été. Voici les points clés pour garantir la reprise et une bonne installation des plants.
Les dates de plantation optimale :
• Pour les plants frigo (racines nues), la plantation en sol ne doit pas aller au-delà de fin juin / tout début juillet. En hors-sol, les plantations peuvent se prolonger jusqu’à mi-juillet.
• Pour les plants mottes, dans notre région, la période optimale se situe entre fin juillet et début août, sans dépasser le 15 août.
Au-delà, l’initiation florale peut démarrer sur un plant mal installé et amputer le potentiel de production l’année suivante.
Le climat :
• Éviter les périodes de canicule. Il vaut mieux repousser de quelques jours la plantation plutôt que de planter lors d’épisodes de chaleurs extrêmes.
• Idéalement pour une bonne installation, un plant a besoin de 3 semaines dans de bonnes conditions de températures, pour s’installer sereinement.
Les petits + qui facilitent la reprise :
• Utiliser des films de paillage blanc limitera la montée en température du plastique et «l’étouffement» des plants.
• Positionner les gaines goutte à goutte au plus proche des lignes de plantation et des plants.
• Irriguer également par aspersion, pour apporter de l’eau au coeur du plant et rafraîchir l’air ambiant et à la surface du paillage.
• Si possible, installer un ombrage (filet ou peinture), pour baisser les températures et éviter les brûlures.
En définitive, le but est avant tout de réunir le maximum de bonnes conditions, pour optimiser l’installation des plants dans leur nouveau milieu.

Cultures en sol :
PLANTATIONS DE DÉCEMBRE
(TRAYPLANTS)
• STADE CULTURAL ET OBSERVATIONS
La récolte des plantations précoces est en train de se terminer. Pour les variétés avec une tendance à remonter, les stades s’échelonnent entre grossissement des fruits et récolte.
Les plantations plus tardives ou situées en altitude sont en pleine récolte.
• GÉRER LA RECOLTE DE LA REMONTÉE
• Bien que la fin de culture approche, il est primordial de maintenir un état sanitaire propre, particulièrement contre acariens et oïdium, préjudiciables pour la récolte.
• Ombrer les cultures, en peinture ou en filets, si ce n’est pas déjà fait.
• Appliquer les biostimulants Obstacle et Intracell, qui aideront à maintenir un fruit de bonne qualité et une meilleure résistance aux chaleurs.
• Au niveau de la fertirrigation, passer sur un stade de fertilisation récolte (équilibre potassique). Attention aux irrigations et à la consommation les après-midis avec de fortes températures, les plants consomment peu d’engrais et les montées d’EC sont fréquentes. La sonde de fertirrigation Weenat, aide à mieux gérer ces périodes de chaleurs et éviter les écueils.
PLANTATION DE L’ETE 2025 ET CULTURES DE 2 ANS
(Racines nues et mottes fraîches d’été)
• STADE CULTURAL ET OBSERVATIONS :
• Sous abris : selon les cas, les racines nues et les mottes fraîches sont en fin de récolte ou terminées.
• Plein champ : Le début de la récolte a rarement commencé aussi tôt. Certaines variétés très tardives sont en cours de nouaison.
• IRRIGATION ET FERTILISATION
• Bien que la fin de culture approche, il est primordial de maintenir un état sanitaire propre, particulièrement contre acariens et oïdium, préjudiciables pour la récolte.
• Ombrer les cultures, en peinture ou en filets, si ce n’est pas déjà fait.
• Appliquer les biostimulants Obstacle et Intracell, qui aideront à maintenir un fruit de bonne qualité et une meilleure résistance aux chaleurs.
• Au niveau de la fertirrigation, passer sur un stade de fertilisation récolte (équilibre potassique). Attention aux irrigations et à la consommation les après-midis avec de fortes températures, les plants consomment peu d’engrais et les montées d’EC sont fréquentes. La sonde de fertirrigation Weenat, aide à mieux gérer ces périodes de chaleurs et éviter les écueils.
• Travail des buttes de plantation, objectif : obtenir un sol structuré et aéré, des buttes bien formés, cailloux enfouis.
• Amendements et fertilisation de fond : A ses origines, la fraise est un végétal de sous-bois qui apprécie les sols drainant et riche en matière organique. Pour reproduire ces conditions de confort, il est vivement recommandé d’amendé son sol. Une
dose de 2 à 3T/ha d’engrais organique peut être suffisante en entretien (ex : Humi’activ UAB ou In’Pulse).
En fertilisation de fond, on choisit soit un organique à minéralisation progressive, C/N de ±8, (ex. Italpollina 04-04-04 UAB), soit un engrais minéral à azote retard (ex. 14-07-17 AGROCOTE POLYSULFATE ou 11-05-16SK FERTI RETARD PROTECT incluant des acides humiques).
• Installation des gouttes-à-gouttes : Hormis si vous changez les gaines, il faut profiter de l’interculture pour déboucher et entretenir les réseaux (Pekacid puis HuwaSan). Lors de la mise en place, utilisez des crochets pour caler les gaines et éviter qu’ils se déforment par la chaleur et s’éloignent des plants.
• Choix du paillage : il se fait du paillage blanc ou du noir selon la précocité souhaitée. Protéger les plants contre la chaleur estivale peut être une raison pour passer sur du paillage blanc.
• Dans les passe-pieds, de nombreux producteurs utilisent désormais des toiles hors-sols, de préférence verte ou marron, pour la gestion de l’herbe (ne pas lésiner sur la largeur, car il faut bien qu’elles recouvrent les paillages, sinon l’herbe se faufile...).
Cultures en hors-sol :
ITINÉRAIRE PRINTANIÈRES PUIS CONTRE-PLANTATION
• STADE CULTURAL ET OBSERVATIONS :

La récolte des variétés printanières se terminent.
Le bilan culture est très positifs cette année. Les rendements sont bons à très bons. Plusieurs facteurs :
• Un plant de très bon potentiel
• Un froid décembre-janvier très favorable à la remontée de clery pour les plantations de début décembre.
• Un climat à partir de mars très lumineux sans importante chaleur (A part quelques pointes début avril).
• Une technicité dans la production qui s’améliore.
• CONTREPLANTATION APRÈS LES PRINTANIÈRES
A présent, la contre-plantation va commencer. C’est donc l’occasion de rappeler les gestes indispensables pour réussir la reprise en conditions chaudes de juin.
Principe : La technique de contre-plantation permet de rentabiliser une installation hors-sol. Elle se réalise uniquement avec des remontantes afin d’avoir une production prolongée jusqu’aux gelées.
Quelles sont les possibilités ?
• En trayplant frais (ex. Charlotte, Cirafine, etc.) : Ce sont de petits plants frigo B mis en motte de trayplant et effleurés en pépinière. Nous vous les livrons en juin prêts à fleurir. Ils sont actifs et entrent en production rapidement.
• En trayplant congelés pour les variétés remontantes vigoureuses (ex. Favori). C’est l’avantage du trayplant mais la reprise un peu plus lente et enracinement plus difficile en cas de canicule.
• En plants frigo (racine nue) : Solution la plus économique avec une entrée en production après le 15 aout.
• En plant de légumes et/ou aromatiques : Concombre, courgette, haricot, persil, aromatiques, etc...
Comment réussir une contre-plantation ?

Le principe est de conserver le substrat utiliser au printemps (fraises variétés non remontantes)
1- Arrachage des plants ayant produits :
Les laisser flétrir quelques jours, puis remettre de l’eau en abondance. Enlever délicatement la motte d’origine en la faisant pivoter.
Attention à ne pas arracher le plastique des sacs avec le substrat. L’arrachage se fait sur substrat détrempé.
2 - Irrigation :
Le lessivage des sacs avec une eau sans engrais mais légèrement acidifiée (pH 6,5) est obligatoire avec contrôle de l’EC du drainage (1ms maximum). Homogénéiser l’humidité des pains en appliquant le mouillant H2Flo.
3 - Plantation :
• Trempage ou arrosage des plants avant plantation dans une solution enrichie de Greensea à 1 %.
• Ajout d’un substrat fin (type Neuhaus 631WF). Prévoir 2 à 3 L pour 8 plants ou 10 à 15 % du volume du pain
• Bien caler le plant avec le substrat afin d’éviter les poches d’air. Enfoncer le trayplant légèrement, cela facilite la reprise.
4 - Irrigation et Fertilisation : Les premiers apports doivent être limités. Attention à l’excès d’eau pendant la phase d’enracinement dans le substrat de culture. L’apport de Greensea est possible en goutte à goutte à 5 L/ha.
5 - Prophylaxie par rapport aux pathogènes racinaires = appliquer un programme Rise-P + Prestop.
En cas de présence avérée de champignons pathogènes type Phytophtora, Verticilliose, etc., sur la culture du printemps, il faut impérativement renouveler les sacs.
6 - La conduite après la plantation :
La phase d’enracinement est délicate en période estivale. La gestion du climat est essentielle : vérifier l’ombrage et maintenir au maximum l’aération sans pour autant exposer les plants au vent.
L’irrigation fertilisante doit être précise avec une EC autour de 1,4 mS en équilibre plantation (riche en phosphore au départ) puis en équilibre croissance (Rapport K20/N de 1) après 10 jours. L’objectif est de bâtir un végétal puissant dès le départ.
Pour les racines nues, il est impératif de couper les premières fleurs. Les stolons doivent être aussi supprimer dès leurs apparitions.
La protection en PBI et contre oïdium, doit être mise en place dès le début.
• IRRIGATION ET FERTILISATION
La fertilisation va relancer la culture et surtout redynamiser les coeurs afin de sortir plus rapidement les nouvelles feuilles, puis les hampes florales.
Gestion de la dose d’irrigation et du niveau d’EC : Attention l’EC du drainage doit rester inférieur à l’apport, ce qui nous rassure sur le fait qu’il n’y a pas d’accumulation de sel dans le substrat. C’est en juin que le triptyque destructeur de racine peut se mettre en place : Trop chaud, trop d’eau, trop d’accumulation d’engrais. Donc, la surveillance des drainages est indispensable. La sonde de fertirrigation Weenat contrôlant l’EC et l’humidité en instantané ajoute de la sécurité.

• LUTTE INTEGREE
La lutte intégrée sera à privilégier sur les sites cultivés en variétés remontantes (plantation hiver 26) et contre-plantations prévues en juin. Sur ce dernier cas, il est important de finir la culture de printemps le plus propre possible et de prévoir effectuer des lâchers d’auxiliaires dès la plantation.
Punaises et Drosophila suzukii : elles commencent à faire des dégâts et les interventions sont souvent peu compatibles avec la PBI. On essaie de choisir les produits les moins rémanents possibles et à effet barrière ou répulsif, pour pouvoir relâcher les autres auxiliaires par la suite.
Thrips : la pression est variable selon les sites et les historiques. Les A. cucumeris ont été assez efficaces sur des débuts d’attaque.
Les lâchers d’A.swirskii sur fin avril début mai, avec des températures adéquates, ont permis de contenir les populations.
Le retour de température fraiches à mi-mai ne facilite pas le travail des A.Swirskii, plus efficace en température chaudes. Pour compenser, certains lâchent désormais un peu d’Orius dès que les températures le permettent.
Acariens : Les A. californicus sont lâchés régulièrement, plutôt en vrac ou en bugline (en association avec A.Swirskii). Ils effectuent un travail de fond. En revanche, en cas de forte attaque, une intervention avec Essen’ciel, suivie d’un lâcher de Phytoseiulus p. est très efficace.
Pucerons : les lâchers de Syrphes et parasitoïdes sont en général efficaces. A répéter tous les 15 jours tant que les auxiliaires naturels ne sont pas suffisants.
• SANITAIRE
Punaises : Elles sont observées depuis fin avril dans certaines parcelles du secteur.
Pucerons : Des remontées de populations sont régulièrement observées, nécessitant d’intervenir.
Thrips : Les populations sont généralement en hausse, très liée à la température et à l’historique des parcelles.
Acariens : Des foyer ont été observés.
Botrytis : Peu de dégâts malgré les conditions parfois favorable au botrytis. A surveiller.
Oïdium : On a eu des conditions favorables ces dernières semaines, certaines cultures sensibles sont très touchées, parfois directement sur fruits, et les attaques sont difficiles à résoudre. La stratégie est d’assécher les spores : Armicarb ou Vitisan selon conditions, puis repasser rapidement avec un produit de contact et préventif.


FRAMBOISE
Généralités :
• STADE CULTURAL

Variétés précoces = en début de récolte
Variétés tardives = grossissement du fruit
Mottes fraiches de printemps = au stade de développement végétatif
• ACCOMPAGNEMENT DE LA RECOLTE

Pour accompagner le grossissement des fruits et obtenir un fruit de qualité :
• Eviter tout stress de la plante : Coup de sec ou excès d’irrigation, excès de salinité, coup de chaud, acariens…
• Gérer le climat de la serre : aération maximale, ombrage, brumisation, etc.
• Bien équilibrer la fertilisation et les apports d’oligo éléments.
• Accompagner le grossissement avec des biostimulants.

• GESTION DES DRAGEONS

Pour la poursuite de la culture en variétés remontantes, la sélection des drageons est désormais effectuée : 4 à 6 drageons par mètre linéaire en culture hors-sol, 6 à 8 drageons par mètre linéaire en culture en sol. En début de production, ils doivent être encore petit (20 cm) maximum.
Si d’autres drageons arrivent pendant cette période, il est impératif de les supprimer au stade maximal de 10 cm.
C’est une période de culture assez complexe car les drageons trop développés viennent interférer avec les cannes en cours de production à la fois sur le plan hydrique, nutritionnel et physique. Ils entrainent un feuillage trop dense favorable à l’acariens avec une récolte difficile, favorisant la drosophile lorsque des fruits sont oubliés.
• SANITAIRE / LUTTE INTEGREE
Acariens : On observe de fortes pressions sur certaines parcelles. Sur foyer, une intervention avec Essen’ciel, puis un lâcher de Phytoseiulus p. est efficace. Ensuite des lâcher de sachets de A. californicus, toutes les 3 semaines, donnent en général satisfaction pour maintenir la population à un niveau acceptable.
Sur les plants mottes, intervenir pour assainir la culture, puis effectuer des lâchers de Californicus régulièrement.
Pucerons : Sur plants motte et débourrements de longues cannes, les gros pucerons verts Amphorophora idaei peuvent arriver rapidement. Dès détection, effectuer des lâchers dl’Aphidoletes, à minima tous les 15 jours.
Cicadelles : le piégeage à grande échelle est une solution pour contrôler les populations. En cas de forte population, une intervention avec Essen’ciel peut-être nécessaire.
Drosophila suzukii : Voir paragraphe en début de bulletin.
Thrips : Des sachets de A. Swirskii peuvent être mis en place pour prévenir les premières attaques.

Cultures en sol :
• IRRIGATION ET FERTILISATION
Le contrôle de l’irrigation doit être pointu en ce début d’été. L’excès comme le manque peut être très pénalisant pour le grossissement du fruit. Attention, en cas de forte chaleur (>35°C), la plante peut arrêter de consommer de l’eau. Seul un contrôle à la gouge minérale peut vous orienter sur la dose et la fréquence d’irrigation.
La fertilisation minérale doit être modérée et plutôt potassique car la minéralisation de l’azote sur des sols chauds peut être conséquente.
Cultures en hors-sol :
• IRRIGATION ET FERTILISATION

Pour les plants en production :
• Soupeser le pot, regarder l’humidité en fin de matinée (l’eau doit perler sur le bas du pot).
• Vérifier les bacs de drainage qui ne doivent pas dépasser 10 à 15% de l’apport d’eau de la journée.
• Dépoter quelques plants pour vérifier la répartition de l’eau. La permutation des goutteurs est parfois intéressante, voire l’application du mouillant H2FLO afin d’équilibrer l’hydratation du substrat.
• Fertilisation : apporter un équilibre potassique sans dépasser une EC de 1,4mS pour ne pas compromettre le grossissement du fruit.

Pour les mottes :
• L’objectif est d’atteindre un plant adulte début juillet : l’irrigation fertilisante doit être permanente et adapté à la phase croissance (K2O/N de 1 et EC 1,4 à 1,5).


GROSEILLE / MYRTILLE / MÛRES / CASSIS
• STADE CULTURAL ET OBSERVATIONS
Suivant les secteurs :
Groseilles-cassis : fruits formés à véraison
Mûres : Fin floraison à fruits bien formés
Myrtilles : fruits formés



• IRRIGATION ET FERTILISATION
Myrtille : peu exigeante en éléments fertilisants (éviter les chlorures et nitrates), privilégier des apports en organiques (dernière limite pour une bonne réponse). Consommation d’eau importante 5 à 7 litres par plant adulte / jour, pouvant aller jusqu’à 9/10 litres en pleine production. Irrigation à fractionner en 2 à 4 fois par jour.
Mûre : assez peu exigeante en pleine terre. Préféré un engrais complet avec azote retard type 14-07-17 AGROCOTE POLYSULFATE ou 11-05-16SK FERTI RETARD PROTECT (dernière limite pour une bonne réponse) + complément en engrais foliaire si besoin (Stimforce, Trainer).
Cassis / groseille : Même type de fertilisation que la mûre, avec doses plus élevées. Il faut stimuler et régénérer le système racinaire avec des apports toutes les 3-4 semaines des biostimulants Rise-P + Biocat 15 et éventuellement Prestop pour éviter ou limiter le développement des champignons racinaires, qui rencontrent actuellement des conditions climatiques assez favorables (période humide suivie d’une période chaude) Fulvat et GREEN SEA peuvent également être utilisés en alternance.
Pour la gestion hydrique de de vos sols et/ou substrats, des outils d’aide à la décision type sonde hydrique ou tensiomètres WEENAT deviennent quasiment incontournable pour un bon contrôle de l’alimentation en eau de vos cultures. Tout manque ou excès peuvent rapidement conduire à la catastrophe.
• SOUTIEN FOLIAIRE
Plusieurs solutions de biostimulants selon l’objectif rechercher :
Maintien d’un état végétatif optimal : Intratech Stimforce, PROTAMINAL, Trainer, Lalstim Fit.
Amélioration de la qualité de la récolte : Obstacle, Lastim Osmo
Anti-stress, meilleur état physiologique : MULTIPLANT + Orgalactic
Les fortes chaleurs arrivent, pensez à ombrager vos cultures avec la peinture Sombrero ou en filets d’ombrage Prisma
• SANITAIRE :
Oïdium, anthracnose : Les conditions climatiques sont favorables, donc à surveiller. Gestion principalement avec soufre, Essen’ciel, Armicarb.
Pucerons et cochenilles : A surveiller, si foyer, intervenir avec Flipper.
Sésie du groseiller : Pose encore possible de Ginko Z principalement sur groseillier, bien que possible sur les autres espèces.
Phytoptes : A surveiller sur mûrier. Prévention avec le soufre, effet secondaire des produits type Majestik, Essen’ciel et Flipper.
Cochenilles : Utilisation possible d’huile d’été type Lovell.
Pour mémoire, beaucoup de bio stimulant et anti stress ont des effets SDN (stimulation des défenses naturelles) importants.
N’hésitez pas à les utiliser à chacune de vos interventions pour augmenter la résistance du végétal aux maladies et parasites.


CHOISIR SON SUBSTRAT EN CULTURE DE FRAISE HORS-SOL :
QUELS CRITERES PRENDRE EN COMPTE ?

1. Les critères techniques : gestion de l’eau, aération et stabilité du substrat.
Le comportement technique du substrat est le premier critère de choix. Les matières premières utilisées (tourbe, fibre de coco, fibres de bois, écorces compostées, perlite, etc…) possèdent chacune des propriétés physiques différentes qui vont influencer directement la rétention en eau, l’aération, la durabilité et le développement racinaire.
La capacité de rétention en eau est notamment un point central. Deux indicateurs sont particulièrement utiles : la courbe de pF et la Réserve Facilement Utilisable (RFU). La courbe de pF permet d’évaluer la disponibilité de l’eau pour la plante selon la force de succion du substrat. La RFU correspond quant à elle à la quantité d’eau facilement disponible pour la plante.

Un substrat avec une RFU élevée apportera davantage de sécurité lors des périodes chaudes ou en cas d’écart de pilotage (ex. substrat tourbe). À l’inverse, un substrat plus drainant nécessitera des irrigations plus fréquentes et un pilotage très précis (ex. substrat coco).
Le comportement du substrat influence donc directement la stratégie d’irrigation et la sécurité de production.

La mouillabilité du substrat, c’est-à-dire sa capacité à se réhumecter après assèchement, est également importante.
Certains substrats se réhydratent très difficilement après un dessèchement (ex. tourbe), tandis que d’autres se réhumectent sans difficulté (ex. coco, fibres).
La pénétrabilité racinaire doit aussi être prise en compte. Une porosité totale élevée (% de vide dans le substrat) favorise le développement racinaire grâce à une meilleure circulation de l’air et de l’eau. À l’inverse, un substrat trop compact ou sensible au tassement peut limiter l’exploration racinaire.
La durabilité et la stabilité physique du substrat dans le temps sont également des critères essentiels. Selon les matières premières utilisées et l’homogénéité du mélange, certains substrats se tassent ou se dégradent plus rapidement, entraînant une modification des propriétés physiques : diminution de l’aération, modification de la rétention en eau,
apparition de « strates » en zone sèche et zone humide.
La stabilité du substrat est particulièrement importante dans les cultures longues (ex. culture de fraisiers remontants) ou dans le cas où il est conservé en deuxième année. Un substrat stable permettra de maintenir des conditions racinaires homogènes et facilitera le pilotage de l’irrigation tout au long du cycle de production.
La conservation du substrat en deuxième année demande une vigilance particulière : au-delà de l’évolution physique, le maintien du substrat sur plusieurs cycles implique également une attention accrue au niveau de l’état sanitaire et chimique (accumulation de la salinité par la minéralisation,
consommation de l’azote, diminution du volume par évolution de la granulométrie, risques racinaires liés aux pathogènes).
Dans ce type de conduite, le choix de matières premières stables et durables devient encore plus stratégique. Ainsi une écorce mal compostée ou le compost sont des matières à proscrire.
2. Le critère économique : raisonner le coût global
Le prix d’achat reste souvent un élément important dans le choix du substrat. Toutefois, il est essentiel de raisonner le coût global du système et non uniquement le coût au litre ou au sac.
Un substrat moins coûteux peut parfois entraîner davantage de consommation d’eau, d’engrais ou de temps de travail. À l’inverse, un substrat plus technique peut permettre une meilleure valorisation de la production grâce à une conduite plus stable et des performances agronomiques supérieures.
La durée d’utilisation du substrat, sa stabilité physique dans le temps et sa capacité à maintenir ses propriétés initiales sont également des éléments à intégrer dans le calcul économique.
3. Sécuriser l’approvisionnement en matières premières
Le choix d’un substrat doit aussi intégrer la disponibilité et la sécurisation des matières premières.
Les substrats à base de coco, dépendent fortement d’importations asiatiques. Ils peuvent être soumis à des variations de disponibilité, des hausses de coûts logistiques liés au fret maritime et à des délais d’approvisionnement importants (plusieurs mois).
À l’inverse, les matières premières d’origine européenne (tourbe, fibres de bois, écorces, composts végétaux) permettent généralement une meilleure sécurisation des approvisionnements et des délais d’approvisionnement assez rapides (quelques semaines).
Dans un contexte de volatilité des marchés et de forte demande mondiale en substrat, l’utilisation de matières premières plus locales devient un critère de plus en plus important pour sécuriser la production.
4. La mise en oeuvre : un impact direct sur le travail
Le type de substrat influence également l’organisation du chantier de plantation et le temps de travail nécessaire sur l’exploitation.
Le format des pains, leur poids, leur stockage, la pré-perforation, le temps de mise en eau, ou encore la simplicité de plantation peuvent faire varier fortement les temps de mise en oeuvre et de plantation. Ces aspects pratiques sont parfois sous-estimés alors qu’ils ont un impact direct sur les coûts de main d’oeuvre et le confort au quotidien.
5. Des impacts parfois importants sur les consommations d’intrants
Le substrat joue enfin un rôle majeur dans l’efficience des apports en eau et en fertilisants.
Les substrats très drainants imposent des irrigations plus fréquentes et génèrent davantage de drainage. Cela augmente potentiellement les pertes en eau et en engrais. À l’inverse, les substrats disposant d’une meilleure réserve en eau permettent d’optimiser les apports et de limiter les pertes.
Dans un contexte d’augmentation du coût des engrais et de tension sur la ressource en eau, cet aspect devient un critère de plus dans le choix du substrat.
Trouver le bon équilibre technico-économique
Le choix du substrat ne peut pas être basé uniquement sur son coût d’achat. Les performances hydriques et physique, la facilité de conduite, la disponibilité des matières premières, la mise en oeuvre et l’impact sur les consommations d’intrants doivent être analysés de manière globale.
L’objectif reste de trouver le meilleur compromis entre sécurité technique, performance économique et stabilité dans le temps. Le meilleur substrat reste celui le mieux adapté au système de production et aux attentes du producteur.
NOTRE SELECTION DE SUBSTRAT EN FRAISE HORS-SOL


GAMME TOURBE
PAIN KLASMANN AQUASAVE & PAIN BVB BLUE METER
Nos 2 gammes en pain à base de tourbe, avec perlite ou fibres de bois. Leurs avantages :
• Matières premières qualitatives, et une sécurité d’emploi au quotidien.
• Recettes intégrant des matières premières alternatives (Perlite ou fibres de bois)
• Formules distinctes, permettant de s’adapter aux besoins et aux attentes du marché.
• Approvisionnement européen, plus sûr, plus rapide et moins soumis aux contraintes de transport.
• Développé par des fabricants responsables et leader dans les substrats horticoles.


GAMME COCO
PAIN BIOGROW NATURAL & PAIN JIFFY FINESSE
Nos 2 gammes en pain coco, avec des recettes à base de coco peat et de chips de coco. Leurs avantages :
• Matières premières contrôlés et process de fabrication fiables.
• Mélanges testés et approuvés par la profession
• Perforation sur-mesure, adapté aux besoins des producteurs.
• Nombreux format de pain pouvant s’adapter à tous les systèmes de production.
• Fabricants sérieux et fiables, de renommé mondial et leader dans leur domaine.
C’EST LE MOMENT !
Pensez à faire le point avec votre Technico-commercial(e) sur :
Les plants : c’est le moment de commander !
Derniers moments pour les fraisiers en racine nue (plants frigo) pour les plantations de cet été.
Les plants spéciaux pour la prochaine saison : Les fraisiers en trayplants et minitray, les framboisiers en longues cannes.
Pour cette année encore, la disponibilité des rayplants reste limitée et la demande toujours plus importante. Nous vous invitons donc à réserver vos plants dès maintenant auprès de votre technico-commercial(e) Perret RA pour sécuriser votre production 2027.
Vos besoins pour les plantations d’été : amendements et fertilisants de fond, engrais, film de paillage, gaines d’irrigation, plantoir, peinture ’ombrage et filets, etc.
Vos besoins en consommables : engrais et orrecteurs, produits phytosanitaires, biostimulants, etc...
Vos besoins en films de serre pour le rebâchage de vos tunnels et serres sur Août / Septembre.
INFORMATION REGLEMENTAIRE
Nous ne relevons aucune nouvelle information réglementaire.
AGENDA
EVENEMENTS :

Le CTIFL organise une Visite d’Essais légumes horssol, le mardi 02 Juin 2026, au CTIFL de Balandran (30) ; avec entre autres un atelier “Fraise hors-sol : variétés, adaptabilité au changement climatique et Neopestalotiopsis sp» et un atelier “Protection biologique intégrée”.

Le CTIFL propose une visite d’essais, le mardi 7 juillet 2026, sur l’antenne de Brindas (69). Elle a pour objectif de présenter les expérimentations en cours menées en culture maraichères de plein champ et sous abris, autour de la thématique d’adaptation au changement climatique.


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